Un double objectif pédagogique est poursuivi à travers ce thème :

  • acquérir une bonne connaissance du référentiel ;
  • s’exercer à discerner les causes immédiates ou profondes d’évènements indésirables, à travers des cas cliniques.

Le référentiel est la Recommandation Formalisée d’Experts réactualisée en 2009 et disponible, depuis avril 2013, sur le site de la SFAR (11/04/2013) ; un texte court a été publié en 2011(Ann Fr Anesth Réanim. 2011; 30 : 212-222).

Le thème “Risque Allergique” recouvre des enjeux médicaux et des nécessités organisationnelles auxquels chaque Anesthésiste Réanimateur, est confronté. La France semble particulièrement concernée, tout comme l’Australie, la Nouvelle Zélande ou la Norvège, car de nombreux cas cliniques y ont été recensés.

Quelques chiffres :

  • En 1996, l’incidence des réactions d’hypersensibilité immédiate allergique peranesthésique (AG et ALR) était évaluée en France à 1/13 000 (Ann Fr Anesth Réanim. 2011; 30 : 212-222) ;
  • Sur la période 1997 – 2004, l’anaphylaxie a été estimée à hauteur de 1/9940 (PM Mertès et al. J.Allergy Clin Immunol 2011 ; 128 :366-73)
  • Enfin, récemment, l’anaphylaxie aux curares, variable selon les pays, a été estimée, en France, à 1/5435 (PM Mertes et coll. Le Prat en Anesth Réanim 2014 ; 18 :158-163), avec une incidence deux à trois fois supérieure chez les femmes (PM Mertes et al. J Allergy Clin Immunol 2011 ; 128 :366-73).

Ce thème concerne ainsi un risque non rare en pratique clinique, dont l’incidence parait croissante dans notre pays ; cela s’explique notamment par des facteurs environnementaux, ayant un impact présumé sur la sensibilisation allergénique. En 2014, par exemple, une étude a été amorcée (intitulée ALPHO) pour rechercher un lien possible avec la pholcodine, présent dans nombre de préparations « anti-grippales ».

Les formes les plus sévères sont particulièrement redoutées.
La mortalité demeure élevée, comme l’a montré, en 2013, l’enquête nationale officielle de pharmacovigilance relative aux réactions anaphylactiques liées à l’ utilisation des curares : elle a été évaluée à 4,4 % selon le Comité technique de pharmacovigilance.

Ces informations soulignent l’importance de savoir reconnaître précocement les manifestations cliniques et de maîtriser la conduite à tenir, immédiate et secondaire (circuit diagnostic biologique et immunologique, transmission de l’information, etc.). Il convient ainsi d’avoir une méthode d’analyse a postériori de l’évènement indésirable, afin d’identifier les points d’amélioration et de prévention.